Le Tren Maya s’érige comme une promesse de développement, mais la réalité semble bien différente de cette ambition initiale. Conçu pour réactiver le tourisme dans le sud-est mexicain, ce projet ambitieux peine à attirer l’attention des visiteurs et des habitants. Malgré ses 1 500 kilomètres de rails reliant des destinations emblématiques telles que Cancún, Tulum et Mérida, l’impact concret sur l’économie locale apparaît limité.
Depuis son inauguration, les chiffres sont éloquents : alors que les prévisions estimaient un transit de 74 000 passagers par jour, le nombre réel ne dépasse pas les 3 200. Un contraste frappant qui soulève des interrogations quant à l’avenir de cette infrastructure. Bien que les autorités aient mis en œuvre des campagnes publicitaires pour stimuler l’intérêt, comme une réduction significative du prix des billets, les utilisateurs restent largement enclins à utiliser des transports plus familiers, tels que les taxis ou les bus, qui demeurent des choix pratiques pour se déplacer.
Les communautés locales, pour leur part, sont souvent laissées de côté. Les habitants de régions traversées par le train ne trouvent guère d’avantages tangibles. Certains n’ont même jamais emprunté le train, y voyant plus une source de préoccupation qu’une opportunité. Cette situation exacerbée par des défaillances dans l’accès aux stations, qui sont souvent éloignées des centres urbains. Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, les coûts de transport additionnels limitent souvent la faisabilité de cette option.
De plus, l’attrait du tourisme international repose encore fortement sur des itinéraires élaborés par des agences, qui privilégient des formats de voyage par bus, plutôt que par train. Des visiteurs étrangers, comme Cosina, une touriste allemande, ne sont souvent pas au courant des options ferroviaires. Même face à des compatriotes qui ont choisi de louer des voitures pour la flexibilité qu’elles offrent, le sentiment général demeure que le Tren Maya n’est pas mis en avant, ce qui soulève des questions sur sa promotion.
Les artisans et les commerçants des régions traversées restent également en attente des bénéfices promis. Les inquiétudes persistantes face à la destruction de l’environnement et des sites de valeur ne font qu’alimenter les critiques. En effet, malgré les efforts, le train semble, pour l’instant, incarner un projet en décalage avec les réalités locales et les besoins des populations. Ainsi, le développement durable souhaité par le gouvernement est plus que jamais à l’ordre du jour, entre aspirations et défis à relever.








