La présence de Joan Manuel Serrat à la Feria Internacional del Libro de Guadalajara a marqué un moment inoubliable, où l’artiste a partagé ses réflexions sur la jubilación, un terme qu’il n’hésite pas à qualifier de “moche” et de “mensonge”. À 81 ans, Serrat, célèbre artista espagnol, a déclaré : «He renunciado a cualquier tipo de jubilación», entraînant l’enthousiasme et des rires dans la salle.
Son discours, teinté d’une ironie subtile, a jeté un éclairage fascinant sur son parcours musical de presque six décennies. Il évoque avec nostalgie ses débuts modestes dans un quartier ouvrier à Catalogne, un lieu qui reste sa principale source d’inspiration. Pour lui, ces racines culturelles sont essentielles, car la musique et la poesía se nourrissent directement de la réalité qu’il a vécue.
Un regard lucide sur la vieillesse
Lors d’une interview, Serrat a expliqué qu’il ressent un profond décalage entre sa créativité et l’idée de retraite. Pour cet artiste, l’âge ne diminue en rien son désir de créer et d’interagir avec son public. «La prueba de que no estoy jubilado es que estoy aquí, hablando con ustedes», a-t-il affirmé, démontrant ainsi son attachement indéfectible à la scène.
Malgré un rythme de vie plus calme depuis son départ en tournée, il avoue manquer la frénésie des voyages, preuve que son cœur reste véritablement ancré dans la carrera musical qui a fait de lui une icône.
Des réflexions sur l’engagement et la société
Serrat ne s’arrête pas à la musique; il aborde également des sujets politiques avec une rare lucidité. Il mentionne le coup d’État au Chili en 1973, un jour qui a entraîné un «grand espoir» brisé pour tout un continent, évoquant son engagement envers des causes plus grandes que lui. Son expérience personnelle d’exil lui a permis de découvrir la solidarité et la chaleur humaine, notamment grâce à ses liens profonds avec le Mexique, un pays qu’il considère comme une seconde maison.
La sincérité du musicien, son humour et sa sagesse continuent de résonner largement, captivant des générations entières, et prouvant que la passion pour la musique et l’art n’a pas d’âge. Dans un monde où la jubilación semble souvent synonyme d’oubli, Serrat prouve qu’il est possible de rester actif et engagé, sans abandonner sa créativité.
Enfin, sa réception du doctorat honoris causa par l’Université de Guadalajara souligne l’impact durable que cet artiste a eu sur la culture hispanique. L’émotion palpable dans cette salle lors de cet événement témoigne du respect et de l’admiration qu’il suscite encore aujourd’hui.








